00:01
Les hurlements de la victime atténuent sa souffrance. Tuer lui procure la sensation de vivre plus intensément. Vient ensuite non pas la culpabilité, mais un sentiment de déception. Ce n'était pas aussi extraordinaire qu'il l'avait espéré. Peut-être que la prochaine fois, ce sera enfin parfait.
00:18
Et ainsi, à mesure qu'augmente son désir de tuer encore une fois, il imagine dans le moindre petit détail comment mener à bien son projet, au moyen de quels accessoires.
00:28
Si les tueurs en série nous fascinent, c'est précisément parce qu'en dépit de leurs crimes atroces, il reste à notre image. Jacques Vergès.
00:35
Éteignez les lumières. Fermez votre porte.
00:49
Décrochez le téléphone. Nuit blanche, couleur 3. Nuit blanche, couleur 3. Damer coupait les têtes avec un peu.
01:17
Je crois que Rifkin aussi. Quand on a décidé de tuer, il faut d'abord changer son cœur en pierre. Première étape, la dissociation. Il déclare qu'il a souffert et que c'est à notre tour. Un cœur de pierre, ça vient de loin. Il a dû être rejeté ou humilié par un de ses parents. C'était le cas de Gacy, dont le père s'amusait le tabassé. Kemper, c'est sa mère, je crois, qui l'enfermait dans le noir au moment de la puberté. Celui-là aussi, il a dû lui arriver quelque chose.
01:46
Est-ce que ce sont ses premiers meurtres ? Je ne crois pas, mais il doit y penser depuis très longtemps.
01:52
L'année 1965 connaît aussi une avancée significative. Le projet de recherche en psychologie criminelle du Bellevue Hospital de New York parvient à cette conclusion. La personnalité et le caractère surpassent largement tous les diagnostics de psychose ou de déficience que l'on peut faire. En d'autres termes, et par extrapolation, les tueurs sont-ils nés criminels ?
02:13
Où est-ce qu'on les fabrique ?
02:16
Oh, je suis désolé. Je peux vous demander un conseil ? Je suis perdu. Oui.
02:26
C'est gentil.
02:33
Bonjour, bonsoir. Vous écoutez Nuit Blanche, le podcast. Une nuit blanche placée sous le signe du Zodiac.
02:40
J'ai parlé de cycles lunaires. Je pense qu'il agit en fonction des cycles de la Lune. Étant donné que les deux premiers morts ont eu lieu à 28 jours d'intervalle.
02:46
Dans les années 60 et 70, en Californie, un tueur s'en prend sauvagement à deux jeunes gens. Tout commence avec le double meurtre de David Faraday et Betty Lou Jensen. Le 20 décembre 1968, à 23h30, à proximité du lac Herman, ils sont assassinés avec un pistolet. Non !
03:09
Ne bouge plus !
03:14
Huit mois plus tard, d'étranges lettres sont envoyées à trois journaux. Elles sont toutes signées d'un cercle barré d'une croix, un symbole qui va devenir la signature du Zodiac. Les crimes s'enchaînent, tous plus atroces les uns que les autres. La presse s'empare du sujet, la population est apeurée. Quant à la police, elle semble rapidement dépassée. Des pistes par centaines, des suspects par milliers, et à chaque fois la preuve ultime qui semble lui échapper.
03:42
Ça va aller.
03:44
Tout va bien se passer.
03:52
Tout comme Jack l'éventreur, l'insaisissable tueur du Zodiac fascine autant qu'il inspire la crainte et le dégoût. Sans identité, mais pas sans personnalité, il est une incarnation du mal presque commerciale, appréciant autant le goût du sang que l'ivresse de la notoriété. Sadique et pervers, le Zodiac aime tuer des gens, mais prend aussi un malin plaisir à en torturer d'autres. Ceux obsédés par ses lettres, ses cryptogrammes et sa cruauté, ceux fascinés par sa véritable identité, ils sont les esclaves d'un mystère qui le restera peut-être pour l'éternité.
04:28
Voici la seconde partie de notre épisode sur l'affaire du Zodiac.
04:54
pour emprunter les voix du crime, Anne Flamand et Michael Marquet, pour être dans la tête d'un serial réalisateur, Franck Pourprit. C'est que les personnes comme moi qui en suppriment d'autres par vocation, tout ce qu'on veut, c'est parler de ce que c'est.
05:08
Des problèmes qu'on rencontre ou bien des aspects immoraux de la chose. C'est pas simple. Découper quelqu'un, c'est pas un travail facile. Physiquement comme mentalement, je ne pense pas que les gens réalisent.
05:20
Il faut qu'on évacue.
05:24
Dimanche 22 mars 1970.
05:27
Il est 16h quand Kathleen quitte avec sa petite fille de 10 mois son appartement de San Bernardino, qui se trouve à l'est de Los Angeles, pour rendre une visite à sa mère, souffrante, qui habite à Petaluma, petite ville située à 40 miles au nord de San Francisco.
05:43
Kathleen, enceinte de 7 mois, s'installe en se contorsionnant au volant de son vieux break bleu Chevrolet de 1957. La route va être longue mais sans embouteillage à cette heure-ci.
05:58
Il est aux environs de minuit quand la jeune mère de 22 ans s'engage près de Modesto sur la route nationale 132, une route nationale quasi déserte. Il y a juste une voiture qui la suit depuis quelques minutes. En jetant de rapides coups d'œil dans le rétroviseur, Kathleen s'aperçoit que le véhicule est toujours derrière elle, à une distance qu'elle juge bien trop proche, ce qui rapidement l'agace.
06:19
Alors, elle lève délicatement le pied de l'accélérateur en espérant que l'automobiliste la dépasse. Mais ce n'est pas ce qui se passe. A la place, le conducteur fait des appels de phare, puis klaxonne.
06:35
Kathleen pense que c'est peut-être la police, mais il n'y a pas de gyrophare ni d'inscription sur la voiture. Elle contrôle son tableau de bord, mais aucun voyant n'indique une avarie. Alors, elle ne réagit pas. Seule sur une route peu fréquentée, à cette heure avancée de la nuit, c'est la meilleure des choses à faire, se dit-elle. ...
07:00
Tout à coup, le coupé de porte de couleur beige accélère et se retrouve au même niveau que le véhicule de Kathleen. Un homme lui crie par sa vitre abaissée que sa roue arrière est voilée. Méfiante, la jeune mère attend d'être sur l'autoroute numéro 5 pour se garer sur le côté. L'étranger fait de même et se place derrière le break.
07:23
Lorsqu'il arrive à la hauteur de Kathleen, elle a tout le loisir de le dévisager. Il a la trentaine, des cheveux courts et noirs, des lunettes à monture épaisse et des vêtements sombres, mais surtout, il inspire confiance.
07:37
Je n'ai pas voulu vous faire peur, mais votre... roue arrière-droite a du jeu.
07:43
C'est vrai ?
07:44
Si vous voulez, je peux resserrer les coulères.
07:50
Euh... Si ça vous ennuie pas ?
07:52
On n'est jamais trop prudent. Il sort une client croix de son coffre et file vers l'arrière du véhicule pour resserrer les écrous de la roue. Même si son cœur bat très fort, Kathleen commence gentiment à se détendre en détachant les mains de son volant. L'homme revient rapidement vers elle pour lui dire que tout est réglé et la salue d'un geste de la main.
08:28
C'est fait.
08:29
Merci.
08:31
Je vous en prie.
08:35
Bonsoir. Kathleen démarre soulagée et espère arriver chez sa mère dans les plus brefs délais. Elle commence à être passablement fatiguée. À peine a-t-elle démarré, qu'elle entend un étrange bruit à l'arrière de son véhicule qui sursaute.
08:55
Elle aperçoit avec horreur dans le rétroviseur qu'une roue vient de se détacher. Kathleen tente une manœuvre d'urgence pour se mettre sur le bas-côté. L'étranger, qui assiste à la scène, se gare cette fois-ci juste devant elle. Il sort de la voiture et dit calmement... Ça va ?
09:13
Oui. Oui, on n'a rien.
09:17
Ça devait être plus grave que je pensais. Je peux vous emmener à la station-service ?
09:21
Même si cela ne l'enchante guère, Kathleen n'a pas vraiment le choix. Elle prend son bébé avec elle et monte dans le coupé côté passager. Ce qui la rassure, c'est de voir qu'une station-service est à 500 mètres plus loin. Mais en arrivant à la hauteur de celle-ci, l'étranger ne s'arrête pas. La voiture continue sa route, puis bifurque sur la droite pour sortir de l'autoroute.
09:43
Je crois qu'on vient de passer une station service.
09:45
C'était fermé. Le paysage change, les lumières de la station service s'éloignent et le véhicule s'enfonce dans les ténèbres sur une petite route mal entretenue. Je ne savais pas que vous aviez un bébé ?
09:58
Oh, ça vous ennuie ?
10:01
Plus on est de fous, plus on...
10:10
Vous ne devriez pas fumer, c'est mauvais pour vous.
10:20
Kathleen comprend vite qu'elle est tombée dans un piège. Elle lance d'un air sarcastique.
10:25
Ça vous arrive souvent d'aider des gens en pleine nuit ?
10:28
L'homme répond. Quand j'en ai fini avec eux, ils n'ont plus besoin d'aide.
10:35
Le cœur de Kathleen s'emballe. Mille et une pensées se bousculent dans sa tête, mais elle ne veut pas paniquer. Elle ne veut pas montrer qu'elle est terrorisée.
10:52
La voiture roule encore et toujours sans s'arrêter sur des routes secondaires dans les environs de la ville de Tracy. Le trajet semble durer une éternité. La jeune femme remarque que sa personnalité, même s'il est toujours calme, a quelque peu changé. L'homme semble à présent froid, distant et surtout déterminé. Le silence dans la voiture est pesant, angoissant. Tout à coup, le conducteur se tourne vers Kathleen et lui dit « Avant que je te tue,
11:21
Je vais jeter ton bébé par la fenêtre.
11:31
Par intermittence, une pleine lune blafarde éclaire l'habitacle de la voiture. Kathleen en profite au cas où elle pourrait en réchapper pour emmagasiner le plus de détails possible sur son kidnappeur, à commencer par ses chaussures parfaitement cirées. Il porte aussi un coupe-vent bleu marine, un pantalon noir et à l'extrémité des branches de ses lunettes, il y a un élastique qui fait le tour de sa nuque.
11:54
Sa peau est pleine d'acné et de cicatrices. Il a une coupe de type militaire et ses cheveux sont bruns. Il doit faire 1m75 et peser dans les 75 kg.
12:12
L'habitacle du coupé est en désordre. Il y a des vêtements, des cahiers et une torche électrique. Kathleen n'arrive plus à contenir son stress. Elle aimerait faire quelque chose, agresser son agresseur. Mais elle a un bébé dans les bras et elle ne veut pas le mettre en danger.
12:30
Cela fait à présent déjà 90 minutes que la voiture roule au beau milieu de nulle part. Cela fait déjà 90 minutes que Kathleen sait qu'elle va mourir. Ce n'est plus qu'une question d'heure, ou peut-être même deux minutes. Tout à coup, la voiture pile. Le conducteur un peu perdu vient de prendre une bretelle d'autoroute. L'instinct de survie de la jeune femme prend le dessus. Kathleen tire sur la poignée de sa portière, saute avec son bébé, traverse la route, puis disparaît dans une tranchée d'irrigation qui donne accès sur son autre versant à plusieurs rangées de vignes. Elle se met à plat ventre, tenant fort son bébé entre ses bras pour l'empêcher de pleurer.
13:11
L'étranger est à présent lui aussi sorti de sa voiture, avec une lampe torche à la main. Il crie, il vocifère, il menace la jeune femme de la tuer, elle et son bébé. Quand tout à coup, un semi-remorque arrive à sa hauteur. Le chauffeur demande ce qui se passe. Le kidnappeur, quelque peu confus, bredouille des mots et remonte dans sa voiture.
13:35
Le conducteur du camion venait cette nuit-là, sans le savoir, de sauver la vie de trois personnes, celle de Kathleen et de ses deux bébés. Une fois le coupé clair, immatriculé en Californie parti, Kathleen, toujours aussi paniquée, demande de l'aide à une femme originaire du Missouri qui passait par là, en se mettant au travers de la route.
14:05
Elle était au bord de la route. Elle m'a fait signe.
14:08
Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
14:09
Elle dit qu'elle a sauté d'une voiture. Je l'ai trouvé comme ça.
14:11
Qu'est-ce qu'il y a ? Vous n'avez rien à craindre. Il a essayé de me tuer. Mon bébé ! Où est son bébé ?
14:20
Elle n'en avait pas quand je me suis arrêté.
14:23
Où est votre bébé ?
14:29
Oh, Seigneur !
14:40
Vous l'avez caché, au cas où il reviendrait.
14:46
Lundi 23 mars 1970, 2h30 du matin. La femme dépose Kathleen au poste de police de la petite ville de Paterson, qui se trouve au sud de Tracy.
14:56
Le sergent de garde, Charles McNatt, écoute l'histoire de la jeune femme bouleversée et lui tend un verre d'eau. Tout à coup, Kathleen Poussin crie. Il est là, en face d'elle, sur le mur. Son visage, les lunettes, c'est le tueur du Zodiac. Son portrait robot ressemble trait pour trait à son agresseur.
15:17
À 3h du matin, la Chevrolet de Kathleen est retrouvée par l'adjoint Lovette et elle est en feu. La jeune femme venait-elle par miracle d'échapper au tueur du Zodiac ? Aujourd'hui encore, de nombreux enquêteurs doutent de son histoire qui possèdent certaines incohérences et contradictions, que ce soit concernant la localisation du vignoble ou encore la roi arrière qui se serait décrochée.
15:39
Autre point âprement discuté, les menaces de mort. Elles n'apparaissent pas dans le rapport de police de Paterson, daté du 23 mars 1970.
15:48
Dans ce même rapport, aucune mention de la traque à la lampe de poche. Kathleen déclare que l'homme n'a pas quitté le véhicule, alors qu'elle va affirmer le contraire au journaliste Paul Avry du San Francisco Chronicle.
16:01
Bon, relis cette lettre, la partie qui concerne Kathleen Jones, quels sont les faits qu'il donne ? Une femme et un bébé enlevés ? L'effet. La voiture qui brûle ? Bon, maintenant. Regarde l'article du pays. Tu trouves ?
16:19
Tout ce qui est dans la lettre a été publié dans l'article. Et c'est pas la première fois.
16:22
Autre fait troublant, la femme qui a déposé Kathleen au poste de police n'a jamais pu être identifiée. Étonnant de laisser une jeune femme et son bébé venant de se faire agresser seule devant un poste de police sans l'accompagner jusqu'à l'intérieur en étant sûre qu'elle soit totalement en sécurité.
16:40
Kathleen, avait-elle des choses à cacher à la police ? Ou avait-elle simplement dans la panique et la confusion oublié de donner certaines informations à l'agent Charles McNutt ?
16:57
Respire.
17:01
En 1992, Kathleen Jones a identifié un certain Larry Kane suspecté d'être le tueur du Zodiac comme étant son ravisseur. Cependant, elle a déclaré en 1970 que son agresseur avait la trentaine. Or Larry, en 1970, a déjà 45 ans.
17:22
Kathleen Jones est décédée d'une crise cardiaque en 2002. Peut-être a-t-elle emporté avec elle un ou plusieurs secrets concernant son effroyable calvaire, vécu dans la nuit du 22 au 23 mars 1970.
17:35
Le tueur n'habite pas loin, il n'aurait pas été en état de conduire. Vous avez deux possibilités, soit il y a un malade mental dans le quartier, soit c'est un ami de la fille, quelqu'un à qui elle s'est refusée ce jour-là, ou quelqu'un qui la connaissait et pour qui elle comptait.
17:52
Admettons que Kathleen Jones a bien été détournée par un homme la nuit du 22 mars. Reste à savoir si cet individu est effectivement le Zodiac. La personne qui abreuve la presse de son abondante correspondance finit bien par évoquer l'incident, mais pas tout de suite. Il faut attendre plusieurs mois et plusieurs lettres avant qu'il n'en fasse mention.
18:13
Les courriers sont désormais adressés exclusivement à un journal, le San Francisco Chronicle. Dans sa missive du 13 avril 1970, le malfaiteur prétend que son compteur affiche désormais 10 victimes. Il est refait également mention de la bombe qui leur est soi-disant assemblée et enterrée sous une voie de circulation. L'explosif, dit-il, a été noyé par de fortes pluies, ce qui laisse aux habitants de la baie et à leurs enfants un peu de répit, du moins pour l'instant.
18:39
Cette menace de faire sauter une bombe à proximité d'une route ne sera jamais mise à exécution, ni en avril 1970, ni jamais. Mais de nouveau, la lettre du Zodiac plonge toute la région dans la psychose.
19:00
La police explore intensément ce qu'elle espère être une nouvelle piste. Au printemps 1970, la baie de San Francisco a reçu d'importantes précipitations et certaines régions en particulier ont été inondées.
19:12
Une intense campagne de recherche y est menée, et tous les résidents qui ont l'audace de sortir un peu du rang sont interrogés.
19:18
20 personnes ont été assassinées dans la région de San Francisco, et chaque fois le tueur... Je crois que je vais effacer un quart scolaire. La police de San Francisco... Alors, on va remettre l'instruction. On est tous en concert des bonnes choses.
19:37
Au fil des mois, les lettres signées de la main, ou plutôt du signe, du Zodiac, deviennent moins précises. L'auteur revendique toujours plus de victimes, mais il ne livre que rarement des détails sur ses actions ou sur ses intentions. Il passe la plupart du temps à se plaindre du peu de considérations dont il est l'objet de la part du public, de la police et des médias.
19:57
La vérité, c'est qu'il est encore plus futé qu'on nous pense et qu'il a sur nous une grosse avance.
20:02
28 avril 1970, le Zodiac franchit un nouveau palier dans sa soif de reconnaissance. Dans une nouvelle lettre, il exige, sous peine de se remettre à tuer, que les gens de la baie de San Francisco portent des badges avec son logo, la fameuse croix entourée d'un cercle.
20:16
C'est le seul endroit où ce mot et ce symbole sont apparus ensemble avant les lettres.
20:20
26 juin 1970. Le message qui arrive ce jour-là au Chronicle commence par des mots désormais familiers.
20:26
Il y a le Zodiac qui vous parle. J'aimerais voir de jolis badges au Zodiac se balader en ville. Tout le monde porte des badges avec Peace, Black Power, Melvin X, Blubber, etc. Eh bien, ça me remonterait considérablement le moral de voir plein de gens porter mon badge.
20:42
C'est le Zodiac qui vous parle. Je suis très fâché avec les habitants de la baie de San Francisco.
20:48
Ils n'ont pas exaucé mon souhait de les voir porter de jolis badges avec une croix entourée d'un cercle. J'ai promis de les punir s'ils ne le faisaient pas en annihilant tout un bus scolaire. Mais les écoles sont fermées pour l'été, alors je les ai punis d'une autre manière. J'ai tué un homme assis dans sa voiture avec un 38. Zodiac 12, police de San Francisco 0. La carte couplée à ce code vous dira où est la bombe. Vous avez jusqu'à l'automne prochain pour la déterrer.
21:18
La lettre fait clairement référence au meurtre d'un policier, Richard Radetich. Mais la police a déjà des suspects plus que solides dans cette affaire. Les activistes des Black Panthers ou de la Black Revolution Army. En 1970, ces deux groupes sont responsables d'un très grand nombre d'agressions violentes dans la région de San Francisco. Que ce soit les preuves ou les témoins oculaires, tout tend à accréditer la thèse de leur responsabilité dans la mort de l'officier.
21:43
Le policier Richard Radetich a battu dans sa voiture. Ça veut dire qu'il a prétendu avoir tué quelqu'un dans sa voiture ? Quelques jours après que cet article est sorti, la police avait déjà arrêté quelqu'un. Zodiac ne l'a pas tué, mais il s'allait quand même attribuer qu'il est accro à la presse.
21:58
Quant à la carte et au code qui accompagne cette lettre, la police passe plusieurs mois à les analyser sans qu'il n'en ressorte jamais rien.
22:12
C'est le Zodiac qui vous parle. Au fait, vous avez déchiffré le dernier cryptogramme que je vous ai envoyé. Je suis un peu curieux de savoir combien vous avez mis sur ma tête maintenant.
22:23
Le 24 juillet 1970, le Zodiac endosse. Enfin, la responsabilité de l'enlèvement de Kathleen Jones.
22:30
La lettre est courte, elle contient très peu de détails, et il s'est passé plus de 4 mois entre l'effrayante mésaventure de la jeune femme et ses revendications. Dans les bureaux de la police, comme dans ceux du San Francisco Chronicle, on se demande si le Zodiac ne s'amuse pas à revendiquer tout et n'importe quoi.
22:46
4 lettres en 3 mois, c'est la première mention de Catherine Jones, c'est très bizarre. C'est parce qu'il se fout de notre gueule. Comment ça ?
23:00
Le journaliste du Chronicle chargé de couvrir les crimes du Zodiac s'appelle Paul Avry. Il a déjà rédigé plusieurs articles à son propos, pas toujours très flatteur.
23:10
Dans celui du 18 octobre 1969, intitulé « Zodiac, portrait d'un tueur », il écrit « Le meurtrier de cinq personnes qui se fait appeler Zodiac est un criminel maladroit, un menteur et potentiellement un homosexuel refoulé.
23:24
» « Dis-moi que c'est pas un bout de cette foutue chemise ! Putain !
23:27
Bordel de merde !
23:28
» « Je le sens au fond de mes os, tu meurs d'envie de me connaître. Je te donnerais bien un indice, mais ça serait un peu traître. Joyeux Halloween.
23:38
»
23:40
Tu l'as traité d'homosexuel latin dans l'un de tes articles.
23:43
Environ un an après la publication de cet article, le 27 octobre 1970, le journaliste reçoit une carte postale d'Halloween qui lui est adressée personnellement. Le message est menaçant et il laisse entendre au journaliste que ses jours sont comptés. Il en faut plus pour arrêter Avry, mais le reporter est tout de même un peu inquiet et il sort désormais systématiquement accompagné de son pistolet.
24:10
Je ne me sens pas vraiment en danger. Je pense que le Zodiac fait des menaces en l'air. Vraiment. Il s'est vanté d'avoir tué jusqu'à 14 personnes, mais il n'y a absolument aucune preuve qu'il en ait tué plus de 5. Je n'ai aucune foi en ces affirmations. Je pense qu'il cherche juste à se faire de la publicité.
24:23
Je pense que c'est une faute d'idol, mais au même temps, je ne suis pas fou. Je vais être très attentif.
24:32
Je crois que ce sont des menaces en l'air, mais en même temps, je ne suis pas fou. Je vais être prudent. On a une réunion avec la police et on a parlé d'une potentielle protection policière me concernant. Et finalement, on a décidé que pour l'instant, au moins, ce n'était pas nécessaire. Si je me fais tirer dessus, ce sera différent. Mais pour l'instant, je n'ai pas besoin de protection.
24:52
Les menaces contre Avri sont publiées en bonne place dans le San Francisco Chronicle, dont le tirage a d'ailleurs sensiblement augmenté depuis que le journal est l'interlocuteur privilégié du meurtrier. La nouvelle est même reprise par l'ensemble de la presse de Californie. C'est alors qu'un résident de Riverside, à 650 km au sud de San Francisco, décide de contacter le journaliste.
25:13
Il a repéré dans ce courrier des similitudes avec une affaire qui a secoué sa petite ville quelques années plus tôt, le meurtre de Sherry Joe Bates.
25:22
Par un étrange coup de théâtre, la proie est devenue chasseur. Le journaliste du San Francisco Chronicle, cible du Zodiac, Paul Avery, déclare avoir de nouvelles informations exclusives concernant le seul homicide non élucidé de l'histoire du comté de Riverside. Un meurtre commis en 1966 dans le sud de la Californie. Avery affirme aujourd'hui qu'il s'agit de la toute première victime du Zodiac.
25:47
En 1966, Sherry Jo Bates a 18 ans. Elle est belle, blonde aux yeux bleus, sympathique et pleine de vie. C'est une étudiante de première année à l'université de Riverside et elle rêve de devenir hôtesse de l'air. Dimanche 30 octobre 1966, en fin de journée, la jeune femme se rend à la bibliothèque universitaire pour emprunter quelques livres. Sur le frigo familial, Sherry Jo laisse une note à son père pour éviter qu'il ne s'inquiète de son absence. Mais il ne la reverra jamais.
26:28
Le lendemain matin, on trouve le corps de l'étudiante dans une allée de gravier, en retrait du bâtiment de la bibliothèque. Son corps est affreusement mutilé. Elle a été poignardée onze fois. Une fois dans le dos, sept fois au torse et à la poitrine, et trois fois à la gorge. L'une des blessures infligées au cou est si profonde que la jeune femme est presque décapitée. Sherry Jo baigne dans une mare de sang. Ses vêtements ne sont pas désordonnés, on ne l'a pas agressé sexuellement, et on ne lui a rien volé.
27:01
La jeune femme s'est férocement battue contre son agresseur. Elle lui a arraché sa montre bracelet que la police retrouve à environ 3 mètres du corps. Et lors de l'autopsie, le médecin légiste trouve une poignée de cheveux à la base de son pouce droit. Des cheveux bruns qui appartiennent à un homme blanc.
27:20
La voiture de la victime, une coccinelle citron vert, est toujours garée sur le parking de la bibliothèque. Sur le siège passager, il y a les trois livres qu'elle a empruntés la veille. Les clés sont toujours sur le contact. Un examen ultérieur révèle que quelqu'un, probablement le tueur, a saboté le véhicule en enlevant le câble du démarreur. La police trouve des empreintes digitales et palmaires graisseuses tout autour du moteur. Elles n'appartiennent à aucun des proches de la jeune fille.
27:54
Vous voulez que je vous aide ? Vous voulez bien ? Oui.
28:03
Merci.
28:04
Vous êtes mon cœur, vous avez l'air handicapé.
28:06
Oui. Élément perturbant dans cette histoire, environ un mois après le meurtre de Sherry Joe, le 29 novembre 1966, la presse et la police du comté de Riverside reçoivent chacun la même lettre.
28:22
Elle était jeune et belle, mais maintenant elle est battue et morte. Elle n'est pas la première et elle ne sera pas la dernière. La nuit, je ne dors pas. Je pense à ma prochaine victime. Peut-être que ce sera la jolie blonde qui fait du babysitting à côté du petit magasin et qui marche le long de l'allée sombre tous les soirs vers 7h. Ou peut-être que ce sera la petite brune bien foutue aux yeux bleus qui a dit non quand je lui ai demandé un rendez-vous quand j'étais au collège.
28:52
Ou peut-être que ce ne sera pas elle non plus. Mais peut-être que je découperai ses attributs féminins et je les exposerai pour que toute la ville les voit. Alors, ne me rendez pas la tâche trop facile. Gardez vos sœurs, vos filles et vos femmes loin des rues et des allées. Mademoiselle Bates était si stupide. Elle est allée au massacre comme un agneau va à l'abattoir.
29:15
L'auteur décrit ensuite comment il aurait saboté la voiture de Sherry Joe avant de décrire toutes les blessures qui lui ont été infligées. La lettre est horrible. L'homme prétend avoir agi par vengeance car la jeune fille aurait refusé ses avances. Il termine par ces mots.
29:30
C'était juste un avertissement. Soyez prudents. Maintenant, je traque vos filles.
29:38
Tiens, Cherry Joe Bates, c'était un cadeau, je te l'ai offert, Armstrong et toi, vous ne l'auriez jamais trompé. C'est peut-être pas le Zodiac, tu t'en fous de ça ?
29:44
Aussi sordide et précis que soient les détails donnés dans la lettre, rien n'indique que l'auteur soit bien le meurtrier de Cherry Joe. La police de Riverside s'était montrée beaucoup trop loquace au moment du meurtre, et tous ces détails ont été publiés dans la presse. En 1970, alors qu'il enquête sur l'affaire Bates, le journaliste du Chronicle Paul Avry a l'idée de montrer cette lettre à Sherwood Morrill. L'expert en documents ne peut guère se prononcer sur la lettre en elle-même, tapée à la machine, mais il est catégorique en ce qui concerne l'enveloppe.
30:14
L'écriture correspond bien à celle du Zodiac Bates devait mourir. Il y en aura d'autres. Double affranchissement comme le Zodiac.
30:58
Le message est signé d'une seule lettre, un Z.
31:07
Le meurtre de Sherry Jo Bates a eu lieu en 1966, soit deux ans avant le premier meurtre attribué officiellement au Zodiac. Au fur et à mesure que les investigations progressent, une autre affaire, plus ancienne encore, va également remonter à la surface. Il s'agit du meurtre de Robert Domingos et Linda Edwards, retrouvés assassinés au matin du 5 juin 1963.
31:33
Tout commence la veille. Le 4 juin, Robert Domingos, 18 ans, et sa fiancée, Linda Edwards, 17 ans, sont sur le point d'obtenir leur diplôme. Pour fêter ça, ils décident de sécher les cours et de passer la journée à la plage. Ils se rendent à Gaviota, à environ 40 km au sud de Santa Barbara, où ils connaissent une plage agréable et surtout peu fréquentée. Les deux amoureux espèrent passer la journée seuls, à se regarder dans le blanc des yeux, mais hélas, ils font une mauvaise rencontre.
32:14
Pour une raison que la police n'a pas pu élucider, un homme s'en prend au jeune couple. Il les menace avec une arme à feu. Comme lors de l'attaque du lac Berriessa, le tueur demande au jeune de s'attacher mutuellement les mains avec les morceaux de corde à linge qu'il a apportés. Il commence par Linda, exigeant qu'elle attache les mains de Robert.
32:32
Ne te relève pas. Je veux qu'elle t'attache.
32:36
On suppose qu'au lieu d'obtempérer, le couple a essayé de s'échapper. Le meurtrier leur a alors tiré dans le dos, onze fois pour l'homme, neuf fois sur la femme. Grièvement blessé, le jeune couple a ensuite été traîné jusqu'à une cabane à proximité de la plage. Leur bourreau y a caché leur corps et il a ensuite tenté d'y mettre le feu, mais sans succès. Le tueur a alors quitté les lieux, abandonnant les deux jeunes gens qui se sont vidés de leur sang.
33:03
C'est le père de Robert qui les retrouve. Inquiet de ne pas les voir rentrer à la fin de la journée et après toute une nuit passée à angoisser, il était parti à leur recherche tôt le lendemain matin. Il avait repéré la voiture de son fils garé sur la route avant de descendre vers la plage et de trouver les deux corps sans vie cachés dans la paillotte.
33:25
Dans cette affaire, les similitudes avec d'autres meurtres attribués aux Zodiac sont nombreuses. Les victimes ont été attaquées dans un endroit reculé, pendant un rendez-vous amoureux. Et les balles utilisées sont les mêmes que lors de l'attaque de Lake Herman Road. En plus de ces crimes précoces, on soupçonne le Zodiac d'être à l'origine de plusieurs disparitions inexpliquées, dont celle de Donna Lass, une infirmière de 25 ans, disparue le 6 septembre 1970. C'est encore une fois un message du Zodiac, reçu par le Chronicle, qui met les enquêteurs sur cette piste.
33:57
On y revient à chaque fois. Au centre de l'affaire du Zodiac, il y a cette abondante correspondance. 23 lettres, officiellement authentifiées par Sherwood Morrill, envoyées à la police et à la presse entre 1966 et 1978.
34:13
En janvier 1974, la dernière lettre officiellement attribuée au Zodiac arrive dans les locaux du Chronicle.
34:20
L'auteur parle de l'exorciste. Le film vient de sortir sur les écrans américains. Celui qui aime tant être au centre de l'attention utilise le terme « comédie satirique » pour qualifier le film d'horreur. Il conclut la lettre, comme il le fait presque toujours, par ce qu'on peut appeler son score « Moi, 37, police de San Francisco, 0 ».
34:42
Ce type qui t'intéresse tant, il a mis toute la ville à genoux à l'époque.
34:50
Il a réussi à semer la terreur dans le cœur de tous les habitants de cette ville, sans exception. C'était la psychose, on était tous morts de trouille. Les parents ne voulaient plus envoyer leurs enfants à l'école. Les facteurs avaient peur de se faire couper en morceaux en effectuant leur tournée. Les policiers tremblaient comme des écolières pendant leur patrouille. Ouais, ils crevaient de peur à l'idée de se faire puter en pleine rue.
35:14
Tout le monde était en danger. Il était totalement imprévisible, impossible à croisser. Ce tueur était un vrai génie du crime. Il a réussi à échapper à la police depuis tout ce temps. Tu te rends compte ?
35:26
Il n'y aura plus jamais un meurtrier plus intelligent, plus rusé que le Zodiac.
35:30
Enfin, un tout dernier courrier atterrit dans la boîte aux lettres du San Francisco Chronicle en 1978.
35:36
Le prétendu tueur se gosse de sa célébrité, arguant que tout ce qui manque à sa gloire maintenant, c'est un film. Et il se demande bien qui pourrait jouer son rôle. Cette dernière lettre est en général considérée comme un faux.
35:49
Le chef supprime les protections des cars.
35:52
La vie reprend son cours. On va avoir du nouveau. Pas un seul mot en quatre mois. Au début, il ne peut pas la fermer. Et là ? Peut-être qu'on l'a forcé à se planquer. Peut-être qu'il est parti.
36:04
En nous écoutant, vous avez sûrement une question obsédante en tête. La grande question qui a passionné les foules et épuisé un grand nombre d'enquêteurs. Mais qui est réellement le tueur du Zodiac ? Quelle est sa véritable identité ?
36:25
Criminel, ne quittez pas. Oui, ne quittez pas.
36:27
Nous allons évoquer à présent plusieurs suspects en sachant que d'après la police, le tueur est sûrement un homme pas comme les autres. Un homme à l'intelligence supérieure qui sait manier des armes, fabriquer des bombes. C'est aussi sûrement un mégalomane, un pervers, un sociopathe, un criminel et un cryptographe.
36:46
Certains soldats ne vivent que pour l'action, d'autres sont terrifiés et puis il y a les soldats qui tuent de sang-froid. Quand t'envoies un comme ça tuer un homme et qu'ensuite tu croises son regard, tu vois qu'il est tranquille, détendu et qu'il semble presque satisfait. Là, tu sais que t'es en présence d'un vrai tueur.
37:02
Un profil qui colle bien la personnalité ambiguë et complexe d'un certain Arthur Lee Allen. Allen est né le 18 décembre 1933 à Honolulu, mais il a grandi dans la petite ville de Valero, qui se trouve dans la baie de San Pablo, non loin de San Francisco. Il a un frère Ron, une mère au caractère dominateur qu'il déteste, Berenice. Elle réside au 32 Fresno Street, à Valero.
37:29
Son père Etan est autoritaire, quoi de plus normal pour un homme qui a fait toute sa carrière chez les militaires. Il fait sa scolarité à la Valero Senior High School. Il pratique la lutte et il est aussi maître nageur.
37:45
Mince et athlétique, Allen impressionne les filles lorsqu'ils montent sur le plongeoir pour faire des figures acrobatiques dans les airs, puis disparaître sous l'eau. Mais ses camarades supposent qu'il est homosexuel, car on ne le voit que très peu avec des filles.
38:01
En 1957, il reçoit son diplôme de lettre. A l'âge de 19 ans, il souhaite rejoindre les forces de l'ordre de sa ville, mais sa candidature est rejetée. Six ans plus tard, il s'engage dans la marine. A cette époque, la ville de Valero est fortement liée aux activités militaires locales et de nombreux citoyens travaillent dans la Navy. En décembre 1958, il quitte la marine de guerre. Au début des années 60, il travaille au Emmet Mental Hospital dans la région de Riverside.
38:32
De 59 à 1963, tout en continuant ses études, Allen occupe divers postes, dont celui d'enseignant à la Santa Rosa Elementary School, puis à la Trevis Elementary School, puis de 1966 à 1968 à la Valley Springs Elementary School.
38:49
Eh bien, l'île a toujours été tourmentée. C'est vrai pour les enfants ?
38:53
Malheureusement, oui.
38:55
Une année 68 qui va marquer un tournant dans la vie du jeune professeur. Il est accusé par une mère d'attouchement sur sa jeune fille. Le directeur de l'école convoque Allen, qui avoue. Il est congédié sur le champ, mais sans dénonciation ou avertissement. Il signe juste une lettre de démission. L'affaire est close.
39:13
Vous croyez que mon frère est le Zodiac ? Eh bien, nous nous intéressons à lui.
39:18
Est-ce que vous allez l'arrêter ?
39:20
Madame Haleine, nous n'arrêtons pas les gens uniquement parce que nous nous intéressons à eux. À partir de cette époque, son comportement est, selon ses proches, de plus en plus étrange. Il aime la chasse, la pêche, il aime boire aussi, un peu trop, et vit entre la cave du domicile de sa mère qu'il a transformée en chambre et plusieurs caravanes. C'est dans l'une de ces caravanes qu'il va recevoir un jour la visite d'inspecteur.
39:47
Dès la fin des années 60, la police de Valero décide de rendre une petite visite de courtoisie à toutes les personnes de la région possédant un casier judiciaire. Et justement, Allen en a un, suite à une altercation remontant à 1958. Il est accusé de trouble à l'ordre public. Suspect parmi tant d'autres dans l'affaire du Zodiac, il devient un sujet intéressant en 1971.
40:11
Par le biais d'un appel daté du 15 juillet d'un certain Santo Panzarella, les autorités apprennent que son partenaire en affaires, Donald Chenet, a reçu des confidences très étranges de la part d'un de ses amis, un certain Arthur Lee Allen. Eh bien, donnez tout ce qu'il y a de plus fiable. S'il vous a dit quelque chose, je pense que c'est vrai. Le jour de l'an 1969, Allen confie à Cheney qu'il aime beaucoup une nouvelle de Richard Connell, publiée en 1924. Les chasses du comte Zaroff, The Most Dangerous Game.
40:43
Le comte Zaroff est un sadique qui pratique pour son propre plaisir la chasse à l'homme. Il s'est mis à parler de chasser des humains, comme dans ce livre. Il a dit qu'on pouvait mettre une lampe torche sur une arme pour pouvoir viser dans le noir.
40:55
Il a dit ça ?
40:56
« Oui, alors je lui ai demandé comment tu t'en tirerais ?
41:00
» « Et il a dit que ce serait facile parce qu'il n'y aurait pas de vrai mobile à l'histoire. » Puis, se prenant lui-même pour ce personnage de fiction, Allen avoue qu'il se verrait bien en tueur de jeunes couples qu'il supprimerait avec son pistolet. Il prendrait alors le pseudonyme de Zodiac. Zodiac avec un Z comme Zaroff. Mais Zodiac, c'est aussi la marque de la montre d'Halen, une montre suisse offerte par sa mère en 1967 et dont le logo est, étrange coïncidence, un cercle barré d'une croix.
41:33
Ce sont des articles parus dans le Los Angeles Times sur les crimes du Zodiac qui ont poussé Santo Panzarella à contacter directement la police.
41:42
Vous aviez l'impression qu'il y pensait depuis longtemps ? Il n'était pas content d'avoir perdu son boulot à l'école. Il avait aussi parlé de tirer dans les pneus d'un quart scolaire et de descendre les petits chéris. Ce sont vraiment ces mots qu'il a utilisés. C'est ce qui m'a fait y repenser.
41:58
C'est à l'enquêteur Jack Mulanax qu'on confie le soin de recueillir des informations sur le suspect. Il découvre qu'Alen travaillait dans une station service Arco à Valero. Il a été licencié après quelques mois en avril 1969 à cause de ses problèmes avec l'alcool, mais aussi à cause de ses problèmes avec les adolescentes. Son employeur, M. Kidder, ayant appris qu'il avait emmené sa fille faire un tour de bateau sur lequel il lui fit des avances déplacées.
42:29
Hulanax n'est pas le seul à suivre la piste d'Halen. Il rencontre le 27 juillet 1971 les inspecteurs Dave Toshi et Bill Armstrong à Valero. Une semaine plus tard, le trio se rend à la raffinerie où travaille Halen. Il se retrouve face à un homme trapu avec une tête bien joufflue d'un mètre 83 et 110 kilos. J'ai une autre question à vous poser.
42:52
Êtes-vous allé dans le sud de la Californie à un moment ou à un autre en 1966 ? Ça a à voir avec le meurtre de Riverside ? Oui. Je suppose que j'étais dans le coin à ce moment-là, parce que j'y allais souvent. J'aime les courses de voitures. L'informateur dit que vous êtes ambidextre.
43:13
Non, c'est inexact. Vous ne pouvez pas écrire dès demain ?
43:18
Mon instituteur a essayé de me forcer quand j'étais gamin, mais je n'y arrivais pas, je suis gaucher.
43:23
Il dit aussi que vous avez déclaré vouloir tuer des écoliers.
43:27
L'entrevue est cordiale, mais pas assez concluante pour rayer haleine de la liste des suspects.
43:33
La proie la plus dangereuse.
43:37
Quoi ? La proie la plus dangereuse. C'est pour ça que vous êtes là, n'est-ce pas ? C'était mon roman préféré au lycée. Ça parle d'un homme qui attend que les gens fassent naufrage sur son île. Parce qu'il en a assez de tuer des animaux, il chasse des humains pour le challenge. Oui. Et l'humain est l'animal le plus dangereux du monde. C'est tout l'objet de l'histoire.
43:56
Super.
43:58
Le 14 septembre de la même année, Armstrong et Toshi font une perquisition chez Allen qui habitent dans un mobilhome à Santa Rosa.
44:06
Monsieur Allen, c'est la police de Santa Rosa. Nous avons un mandat pour perquisitionner votre domicile.
44:11
Ils découvrent, en retournant le lit, un énorme pot de vaseline, des godemichets, des revues pour adultes sadomasochistes et dans le congélateur, des organes de petits animaux mutilés.
44:26
Quoi ? Des écureuils. C'est vraiment un cas, ce mec. Ah, non pas un, mais deux blousons bleus. Comme le meurtrier de Stein. Faudra qu'on cherche s'il y a du son. Et une paire de gants noirs.
44:50
Homme taille 7, comme ceux qu'on avait trouvés dans le taxi. Il fait la même pointure de chaussures et de gants que Z. Sans doute juste une coïncidence.
44:59
Dave, j'ai une arme. Regarde ça. Deux armes. Les deux D-22, un automatique, un revolver. C'est intéressant. Parce que moi, je viens de trouver un fusil M1 dans le paquet.
45:12
Pour les petits chéris qui descendront l'écart...
45:17
propriétaire arrive sur les lieux, il est furieux, furieux de découvrir sa caravane sans dessus dessous et la présence de policiers.
45:25
Bonjour Arthur, vous vous souvenez de nous ?
45:28
Toshi remarque que son interlocuteur porte une chevalière, ornée d'un Z. On le soumet à un test d'écriture pour voir si la sienne correspond à celle des lettres du Zodiac.
45:39
L'analyse de l'écriture ? Balesti, colpa, empreinte, colpa, écriture, colpa. Pour les deux mains ? Il y avait des exemplaires d'écriture pour les deux mains ? Et aucun n'est positif. On laisse ton écharoude, on demande un deuxième avis. Les gars, c'est pas votre âme.
45:53
Hélas, les inspecteurs ne trouvent rien de convaincant pour le faire arrêter. Les analyses d'empreintes digitales ne donnent rien de significatif, pas plus que le test au détecteur de mensonges ou encore l'analyse graphologique. Le 27 septembre 1974, Allen est arrêté. Non pas pour l'affaire du Zodiac, mais parce qu'il a agressé sexuellement un enfant âgé de 12 ans.
46:16
14 mars 1975. Après avoir plaidé coupable, Allen purge sa peine à la prison d'Atascadéro. 31 août 1977. Il est libéré, mais il n'en a pas pour autant fini avec la justice.
46:34
En décembre 1990, l'affaire du tueur du Zodiac connaît un énième rebondissement surprenant. Un criminel appelé Ralph Spinelli et qui risque jusqu'à 30 ans de prison explique aux policiers que contre une remise de peine, il est prêt à dévoiler la véritable identité du Zodiac.
46:52
Après de nombreux pourparlers, le 31 janvier, Spinelli lâche enfin le nom de cet homme.
47:09
Un certain Lee Allen qui lui aurait dit qu'il allait faire une virée sur San Francisco pour tuer un chauffeur de taxi. C'était en 1969.
47:21
Suite à ces révélations, le 14 février 1991, la police obtient un nouveau mandat de perquisition. Ils font une descente au 32 Fresno Street Valero.
47:30
Les inspecteurs Conway et Bavart, qui s'occupent de l'affaire, découvrent dans la cave transformée en chambre quatre bombes artisanales. Une impressionnante collection d'armes à feu et de munitions, un couteau de chasse, une machine à écrire du même type que celle utilisée dans l'une des lettres du serial killer, et la fameuse montre modèle Sea Wolf de Mark Zodiac.
47:51
C'est une jolie montre. Merci. Je peux la regarder ?
47:57
Toutes ces trouvailles intrigantes sont envoyées au FBI pour analyse, mais les conclusions sont négatives. Même si Allen aurait dû retourner en prison pour possession illégale d'armes, il ne sera plus inquiété par les autorités. Il décédera chez lui le 26 août 1992 d'une crise cardiaque. Sa maison sera une nouvelle fois perquisitionnée deux jours après, mais elle n'apportera rien de neuf au dossier.
48:20
Tu sais ce qu'il y a de pire dans cette histoire ?
48:23
Je ne sais pas si je voulais que ce soit Allen parce que j'étais vraiment sûr que c'était lui, ou si je voulais juste que ce soit terminé. C'est parce que tu croyais que c'était lui, et moi aussi.
48:31
Une taille de chaussure et des gants similaires à celle du Zodiac. La possession d'armes, un profil de sadique et de pédophile, d'étranges confessions à un ami, Allen semble être le coupable idéal. D'ailleurs, ce faisceau d'indices convergents semble assez convaincant pour que l'auteur Robert Gray Smith fasse de Arthur Lee Allen le personnage principal de son enquête et de ses livres. Mais il y a des éléments qui définitivement ne collent pas, comme par exemple les portraits robots. Allen ne ressemble pas au dessin fait par la police d'après les souvenirs des témoins.
49:05
De plus, comme le montre une photo de classe prise le 11 mai 1961 à l'école Santa Rosa, le jeune Allen, âgé de 28 ans seulement, a déjà des golfs temporaux totalement dégarnis, ce qui lui fait une étrange coupe de cheveux en trois parties bien distinctes. Alors que sur le portrait robot, le tueur possède une implantation de cheveux totalement différente et sans partie dégarnie.
49:29
Ce suspect n'est pas votre Zodiac. Autre élément étrange, dans son livre Zodiac, page 110, Robert Gray Smith évoque une entrevue avec Donald Chenet, l'ami d'Halen. Et voici ce qu'il dit. Au cours de l'été 67, je suis allé chasser avec Halen. J'étais un passionné de chasse à l'époque, mais je n'y allais pas souvent avec lui car je ne le trouvais pas extraordinaire comme chasseur. Voilà une confession qui ne colle pas vraiment avec le profil d'un serial killer.
49:57
Sans faire de la psychologie du comptoir, on peut aussi se demander si les crimes du Zodiac sont compatibles avec le profil d'un pédophile comme Allen qui agressait uniquement des enfants et qui a fait de la prison pour cela. Et puis, n'oublions pas que son ADN, ses empreintes digitales, son écriture ne sont pas celles du Zodiac.
50:18
Oui, il y a des coïncidences très troublantes, mais on ne condamne pas des gens avec des coïncidences et des preuves.
50:25
Je ne suis pas le Zodiac. Et si je l'étais, je ne vous le dirais sûrement pas.
50:33
Arthur Lee Allen est sûrement le plus célèbre suspect dans l'affaire du Zodiac, mais il est loin d'être le seul. Au cours de l'enquête, plus de 2500 hommes sont interrogés par la police.
50:43
Beaucoup n'ont qu'un lien très vague avec l'affaire. Le mystère qui entoure l'identité du meurtrier permet à certains enquêteurs de laisser libre cours à toutes les spéculations et à conduire quelques vengeances personnelles.
50:54
On a un gars qui nous plaît bien ici. On n'a pas encore de quoi lui mettre la main dessus, mais on est presque sûr que c'est lui. Si vous ne croyez pas que c'est le Zodiac, pourquoi avoir tout donné à Evry ?
51:02
Parmi les hommes suspectés, citons William Joseph Grant, l'un des autres suspects envisagés par Robert Gray Smith dans son livre Zodiac.
51:10
Le premier policier à se mettre sur la piste de Grant est Lyndon Laferty, un officier de la patrouille autoroutière de Californie. Au printemps 1970, il a un échange oculaire avec Grant. L'homme est assis dans sa voiture et, dit Laferty, il le regarde d'un air mauvais. Le patrouilleur traverse l'autoroute pour contrôler l'arrogante automobiliste.
51:31
Mais Grant fait une manœuvre identique et il échappe à la tentative de contrôle de la Ferti. Dans les semaines qui suivent, les deux hommes vont se croiser très souvent et jouer au chat et à la souris.
51:42
L'officier découvre rapidement l'identité du fugitif. Heureux hasard, en plus de son goût pour les rodéos routiers, William Grant correspond vaguement à la description du Zodiac. Il est trapu, il pèse environ 90 kilos et il porte des lunettes à grosse monture. La Ferti transmet son signalement à la police de Valero.
51:59
« Mais moi je vais te dire, il me plaît ce mec ! » On va faire une étude graphologique.
52:05
William Grant est convoqué pour un interrogatoire, dans le cadre de l'enquête sur l'attaque contre Darlene Ferrin et Mike Majot. Mais la police de Valero l'écarte rapidement en tant que suspect. L'histoire aurait pu, et elle aurait dû s'arrêter là, mais pas pour Lyndon Lafferty. Persuadé de la culpabilité du chauffard, de même qu'un petit groupe d'officiers de police, il va suivre l'homme, il va le surveiller, épier ses conversations et fouiller dans son passé.
52:32
Il découvre que Grant a mené une carrière militaire en tant qu'instructeur spécialisé en code et cryptogramme. Il découvre également que l'épouse de Grant travaille pour un juge, Raymond Sherwin.
52:45
Pourtant, rien ne semble justifier cet acharnement.
52:55
Grant a déjà 49 ans en 1969, soit bien plus que l'homme aperçu par les témoins lors du meurtre de Paul Stein. Et il ne ressemble pas vraiment au portrait robot. On examine des échantillons de son écriture et on compare ses empreintes digitales à celles du dossier, aucune correspondance.
53:11
Toutes les preuves disaient non. Sherwood avait écarté son écriture. Le Sherwood qui maintenant boit comme Paul Evry ?
53:19
Mais le flic Lyndon Lafferty va poursuivre Grant pendant des décennies. En 2012, il publie même un livre racontant sa chasse à l'homme, dans lequel il accuse Grant d'avoir demandé au patron de sa femme, le juge Sherwin, d'avoir usé de son influence pour le couvrir et faire cesser les investigations à son encontre. Étrange fixation quand on repense au fait que tout ça a commencé par une bataille de regards sur l'autoroute. William Grant est mort en 2012, l'année de l'apparution du livre écrit par La Ferti, et l'officier l'a suivi dans la tombe quatre ans plus tard, en 2016.
53:50
Je peux vous dire qui est le Zodiac ?
53:52
Qui êtes-vous ?
53:56
Le tueur du Zodiac est obsédé par le cinéma. Il s'est filmé pendant ses meurtres. J'ai essayé de prévenir la police, mais ils n'ont pas donné suite.
54:11
Autre suspect sérieux évoqué par Robert Gray Smith, Rick Marshall. La police s'intéresse à lui sur la base d'une dénonciation anonyme. L'informateur est persuadé que Rick Marshall est le Zodiac. Et en effet, l'homme possède un nombre de ressemblances vraiment troublant avec ce que l'on imagine du tueur, en particulier avec plusieurs éléments mentionnés dans ses courriers. Rick Marshall est un homme joufflu, d'une quarantaine d'années, et qui porte des lunettes à grosse monture. C'est un original qui a peu de contacts sociaux.
54:41
Comme l'auteur des lettres, il est fan de vieux films et au moment des meurtres, il exerce le métier de projectionniste dans un cinéma spécialisé en films muets.
54:49
Je voulais vous parler d'un film que l'avenue aurait pu passer quand vous y étiez organiste. Les chasses du comte Zaroff. Oh, c'est un classique.
54:59
RKO 1932, Ferret, Joel McRae, Leslie Banks. Nous l'avons programmé bien souvent.
55:06
En 68-69 ?
55:08
Il faudrait que je vérifie. Pourquoi ? Vous vous souvenez du Zodiac ?
55:15
C'est à propos de Rick Marshall, c'est ça ?
55:17
Rick Marshall vit dans une cave et il possède un telex, chose rare en 1970 où ses appareils étaient quasi exclusivement détenus par des entreprises.
55:25
Or, le papier si particulier qui sert à imprimer les telex a aussi servi de support à l'une des lettres que le Zodiac a envoyées à la presse. Comme Arthur Lee Allen, Rick Marshall est ambidextre et il se trouvait à Riverside en 1966 au moment du meurtre de Sherry Joe Bates.
55:42
Choisissons à un moment de notre vie comment construire physiquement chaque lettre. Une fois que c'est fixé dans notre cerveau, notre écriture pourra changer au fil des années et les mouvements, eux, resteront inchangés.
55:59
Sauf que Zodiac les change, lui. Tout particulièrement ses cas.
56:04
Enfin, d'après Sherwood Moril, l'expert graphologue, l'écriture de Marshall est celle qui se rapproche le plus de celle du Zodiac.
56:12
Après son départ, j'ai repris mes dossiers. Je ne l'ai jamais écarté de Rick Marshall.
56:16
Mais tout comme Arthur Lee Allen, aucune preuve physique ne relie Marshall au crime, et ses empreintes ne correspondent pas à celles du dossier. Reste que toutes ces coïncidences sont troublantes, y compris pour le principal intéressé. En 1989, dans l'émission « Crimes of the Century », Rick Marshall lui-même s'étonne de toutes les similarités qui leur approchent du tueur. Il dira « Je comprends pourquoi ils ont enquêté sur moi, mon innocence mise à part, tous les autres détails correspondent ».
56:45
I hope the poor guy doesn't look like me, but the fact is that the characteristics you just mentioned fit me almost to a T. I really am startled at the mass and accuracy of the detail. And obviously, if they had been that forthcoming about that at the time, I would have understood why they were investigating me.
57:10
Rick Marshall a fini sa vie dans un établissement médico-social où il est décédé en 2008. Des enquêteurs étaient présents dans ses ultimes instants, espérant lui arracher une confession sur son lit de mort. Jusqu'à son dernier souffle, Rick Marshall a nié être le Zodiac ou avoir quelque lien que ce soit avec lui.
57:27
C'est le nom de mon suspect préféré dans l'affaire.
57:31
À titre confidentiel. Il y a deux ou trois ans, j'ai essayé d'obtenir les empreintes de Marshall. Je lui tends une photo. Il la regarde, s'apprête à me la rendre, s'arrête et dit « Bon sang, j'ai collé mes empreintes partout là-dessus. » Et il les suit soigneusement.
57:43
En l'absence de preuves physiques pouvant rattacher directement un suspect au crime, de très nombreux hommes ont été soupçonnés d'être le Zodiac sur des bases parfois fragiles. Il en va ainsi d'un suspect surnommé Zod, le seul qui soit apparemment toujours en vie. Zod est identifié en tant que suspect dans le deuxième livre écrit par Robert Gray Smith, Zodiac Unmasked, publié en 2002.
58:04
Combien de suspects ont été écartés par l'expertise ?
58:08
Tous ! Et aussi par l'empreinte du taxi. Il n'y a jamais eu de correspondance. Est-ce qu'il y a un moyen de maquiller son écriture en passant le test ? Non, qui que soit le Zodiac, il n'est pas un de ceux que j'ai écartés.
58:23
L'écrivain a été amené à s'intéresser à lui après la publication d'un message anonyme dans un forum spécialisé. L'auteur du message prétendait être un camarade de classe du dénommé Zod. Il écrit...
58:36
Je suis toujours préoccupé pour ma sécurité et par la possibilité que ceci ne soit pas pris au sérieux. C'est pourquoi je dois garder l'anonymat. Je suis allé à la Pacific High School de San Bernardino. J'ai obtenu mon diplôme en 1964. Parmi les autres étudiants, il y en avait un que ses camarades appelaient le grand méchant Zod. Ils l'appelaient comme ça parce qu'il était chétif, bizarre et qu'il se surnommait lui-même Zodiac. Zod était une personne vraiment étrange. Il était sérieusement dérangé, colérique et violent. On le taquinait sans cesse et il menaçait souvent les étudiants qu'un jour il les tuerait tous et qu'il deviendrait quelqu'un de célèbre.
59:10
Zod parlait de lui en disant Zodiac. Il écrivait Zodiac sur le tableau noir et il disait à tout le monde de se souvenir de ce nom. Il disait que ses victimes deviendraient ses esclaves dans la vie après la mort. Il ressemblait au croquis de l'attaquant de San Francisco. Il était très intelligent et il mettait un point d'honneur à dire aux autres à quel point ils étaient stupides.
59:29
Mike Morford, un spécialiste du Zodiac et co-auteur d'un podcast au sujet de l'affaire, s'est lancé sur la piste de Zod et il a réussi à le retrouver. A sa grande surprise, le suspect s'est avéré tout à fait ouvert à communiquer avec lui. Zod a nié avoir menacé qui que ce soit en 1964 et après analyse d'échantillon de son écriture, l'animateur a conclu qu'il n'était pas le tueur. Il soulève cependant une idée intéressante et si une personne qui avait connu Zod en 1964 lui avait volé son surnom ? C'est le Zodiac.
59:59
qui vous parle.
60:02
C'est le Zodiac qui vous parle.
60:22
Tous les suspects que nous avons évoqués jusqu'à présent se basent sur la même hypothèse implicite. Les crimes attribués au Zodiac ont bien été commis par une seule et même personne. Et c'est cette même personne qui a rédigé l'abondante correspondance envoyée aux journaux de la baie de San Francisco. Mais il existe une autre possibilité. Et si le Zodiac n'était qu'une invention ?
60:41
Il a tapé ses aveux, Zodiac voit ça dans les journaux et il écrit une lettre se l'appropriant. C'est une chose qu'il a déjà faite.
60:46
C'est la thèse que défend Thomas Henry Oran dans son livre de 2014, The Myth of the Zodiac Killer, A Literary Investigation, le mythe du tueur du Zodiac, une investigation littéraire.
61:02
Thomas Henry Oran est un professeur de composition anglaise à la retraite et un ancien détective privé. Au milieu des années 2000, il s'intéresse à l'affaire du Zodiac par son aspect le plus littéraire. Les lettres envoyées à, et très souvent publiées par, la presse locale et en particulier le San Francisco Chronicle. Il compare cette correspondance aux articles de l'époque et aux rapports de police relatifs à l'affaire, dont certains sont devenus publics.
61:27
Il confronte aussi ses documents au best-seller de Robert et Chris Smith, Zodiac, le livre de référence pour toute personne qui s'intéresse à l'affaire.
61:37
La première conclusion qui s'impose aux chercheurs, c'est que Robert Grismith a menti. Il a volontairement travesti la vérité afin de rendre crédible sa propre version des faits et présenter Arthur Lee Allen comme le seul et unique coupable possible.
62:01
L'autre découverte faite par Thomas Henry Oran concerne les lettres elles-mêmes. Les courriers contiennent de nombreuses erreurs factuelles à propos des crimes. Et chose intrigante, les mêmes erreurs se retrouvent dans certains rapports de police. C'est le cas par exemple de la toute première lettre adressée au journaux, dans laquelle le correspondant parle de Mike Majo.
62:20
Souvenez-vous, la lettre disait « Le garçon avait aussi reçu une balle dans le genou, nom de la marque des munitions Western. » C'est faux.
62:28
Mike Majo n'a pas été atteint au genou, mais à la cuisse. Or, dans le tout premier rapport de police établi le soir de la fusillade, c'est ce qui est écrit. « Blessure au genou ». Autre exemple, dans la même lettre, à propos du meurtre de Lake Herman Road. L'auteur parle de la position des corps des victimes, et notamment de celle de Betty Lou Jensen.
62:48
« La fille était sur le côté droit, les pieds vers l'ouest. »
62:51
Thomas Oran relève le côté absurde de cette formulation. N'importe qui se trouvant sur place et devant décrire la position des corps utiliserait les points de repère à sa disposition, la route, la barrière, les arbres. Mais sur le croquis annexé au rapport de police, on voit dans le coin supérieur gauche une boussole. Et effectivement, d'après ce dessin, les pieds de Betty Lou Jensen pointaient vers l'ouest au moment de sa mort.
63:18
Le détective amateur examine attentivement l'ensemble de la correspondance attribuée au Zodiac. Et lentement, une conviction se forme dans son esprit. La personne qui a rédigé les courriers a accès aux rapports de police. Elle lit aussi attentivement les journaux, mais elle n'a jamais mis les pieds sur une seule des scènes de crime. Le tueur et l'auteur des lettres sont deux personnes distinctes.
63:40
Coupé, net, très net, sans, jaillit, dégouline. Sherwood a trouvé une correspondance d'écriture sur du bois. Qui peut bien graver comme il écrit ?
63:50
Très honnêtement, nos lettres et vos lettres, je ne suis pas sûr. Comment Polévry a-t-il mis la main sur les lettres ?
63:57
Si on fait abstraction des courriers, les quatre crimes attribués aux Zodiacs n'ont strictement rien en commun. Ni les lieux, ni les cibles, ni le mode opératoire.
64:07
Même les armes utilisées sont différentes à chaque fois. Oran en est certain. L'histoire d'un tueur psychopathe qui s'attaque à des jeunes couples d'amoureux est une totale fiction, dont l'invention remonte au traitement originel de l'affaire par les journaux en 1969.
64:24
Les seuls à avoir été attaqués pendant un tête-à-tête romantique, ce sont Brian Hartnell et Cecilia Shepard. Betty Lou Jensen et David Faraday, bien qu'entretenant une relation amoureuse, ont été ce soir-là les victimes collatérales du trafic de drogue. En 1969, Valero n'est pas la petite ville tranquille et paisible décrite par la presse. La Met a fait irruption dans la baie de San Francisco et Valero est la plaque tournante de ce nouveau trafic. Depuis quelques années, la ville connaît une épidémie de meurtres, de règlements de comptes et de crimes violents sur fond de guerre des gangs.
64:56
Monsieur Lachan, qu'est-ce qui se passe ici ? Circuler, il n'y a rien à voir. Circuler, circuler !
65:11
Alors, Boss, qu'est-ce qui se passe ? Double meurtre ? Ouais, le tueur au calife 44. Ça m'en a tous les.
65:17
Aux alentours du 15 décembre, David Faraday a une altercation avec un petit dealer de son lycée. En bon boy scout, il ne touche pas à la drogue, et il n'aime pas ceux qui en vendent. Il le menace. S'il continue son petit trafic dans l'enceinte de l'école, il n'hésitera pas à le dénoncer aux autorités.
65:33
Voilà tes 5 dollars et débarasse-toi. Allez, barre-toi, Woodstock. Woodstock, est-ce que t'as de quoi fumer ? Non, non, c'est moi qui deal maintenant, qu'est-ce que tu veux ? J'ai de l'herbe. Hein ? D'accord ?
65:44
Thomas Henry Oran suppose que le soir du 20 décembre 1968, la route de Betty Lou Jensen et David Faraday a croisé celle de David Ott, alias Big Red, le chef du petit dealer molesté quelques jours auparavant. Big Red aurait donné rendez-vous aux amoureux sur le parking le long de Lake Herman Road afin de s'expliquer, mais en guise d'explication, il les aurait froidement abattus.
66:12
Pour m'arrêter maintenant, il faudra me tuer. Je suis le monstre, Belzebuth, le diable joufflu.
66:22
J'aime chasser. » En juillet 1969, deux membres du gang de Big Red, incarcérés pour des délits mineurs, ont avoué avoir été témoins de ce meurtre. Mais Leslie Blad, le policier en charge de l'affaire, obnubilé par sa quête du Zodiac, ne les a pas pris au sérieux.
66:37
« Darlene avait toujours plein de mecs autour d'elle, même si elle était mariée. » Et il y en avait un qui était vraiment bizarre. Il lui apportait des cadeaux de Tijuana. Et je ne sais pas pourquoi elle était copine avec. Mais un jour, elle m'avait dit qu'il avait tué quelqu'un.
66:53
Vraiment ?
66:54
Oui, je crois que c'était quand il était dans l'armée.
66:57
S'agissant à présent de Mike Majot et d'Arlene Ferrin, Thomas Horan avance que, dans leur cas aussi, leur rendez-vous n'avait absolument rien de romantique. Il en veut pour preuve les trois couches de vêtements que Mike portait ce soir-là. L'accoutrement idéal pour cambrioler des maisons vides pendant que leurs occupants regardent le feu d'artifice du 4 juillet.
67:16
Quant à Darlene Ferrin, elle avait promis à son petit frère de lui ramener de la weed. Et passer chez le dealer, c'est pas exactement la première activité qui vient à l'esprit quand on imagine un rendez-vous galant. Le livre de Horan propose deux pistes distinctes quant à ce qui pourrait être arrivé à ces deux jeunes gens. Ils pourraient soit avoir été la victime du même trafiquant de drogue que Betty Jensen et David Faraday, soit avoir été la cible de Jim Phillips Crabtree, l'ex-mari de Darlene Ferrin.
67:44
Ce qui expliquerait d'ailleurs pourquoi le tueur a visé en priorité la jeune femme plutôt que Mike Majot.
67:49
Donc vous croyez que Darlene connaissait Zodiac ? Et si Zodiac connaissait Darlene ? Peut-être que Majot connaît Zodiac. Possible, mais Majot a disparu. Alors si vous voulez relier Darlene à Zodiac, il va falloir trouver un autre moyen. J'ai un autre moyen. Les coups de téléphone la nuit du meurtre de Darlene. Oui, Zodiac a appelé la police. Non, Dave, il y a eu quatre autres coups de fil. Il y en a eu deux chez Darlene, un chez le beau frère de Darlene, un chez le beau père de Darlene. Des respirations. Ça a commencé à peu près à 1h30 du matin. Et c'était avant que quiconque dans la famille sache qu'elle avait été tuée.
68:16
Pour le meurtre de Cécelia Shepard et la tentative de meurtre sur Brian Hartnell, Thomas Horan a aussi un coupable en tête. Le Ranger, Dennis Land. Cécelia aurait eu l'audace d'y conduire son frère, Raymond Land, alors Denis se serait vengé à sa place.
68:31
Quant au signe brodé sur la cagoule et gravé sur la portière de Brian Hartnell, le Ranger l'aurait simplement copié après l'avoir vu dans la presse.
68:44
Reste le meurtre de Paul Stein, le chauffeur de taxi tué à San Francisco. Pour Oran, ça ne fait aucun doute, c'est simplement un vol qui a mal tourné. Depuis quelques mois, les chauffeurs de taxi se font d'ailleurs régulièrement détrousser et c'est la première hypothèse que formule la police quand elle est appelée sur la scène de crime. Ce n'est que quand elle reçoit une lettre signée du Zodiac contenant un morceau de chemise ensanglantée du chauffeur de taxi qu'elle révise son jugement.
69:09
Mais comment quelqu'un d'autre que le tueur aurait-il pu se procurer cette chemise ? Oran a là encore une explication qui pointe les failles du système judiciaire de l'époque. Après le meurtre de Stein, son taxi est remorqué pour examen dans un garage attenant au palais de justice. L'endroit n'est que très peu gardé. Journaliste, avocat, membre de l'administration, tout le monde y entre comme dans un moulin.
69:36
...
69:39
Le taxi et les précieuses pièces à conviction qu'il renferme vont rester là plusieurs heures, sans surveillance, avant que la police scientifique ne se mette au travail. Il aurait donc été très facile pour n'importe qui ayant accès au bâtiment de se glisser dans le garage et de prélever un morceau de la chemise de Paul Stein, alors étalé sur un bureau pour que le sang qu'il imprègne puisse sécher. Pour appuyer sa version des faits, l'auteur fait remarquer que, dans le premier rapport de police établi sur le lieu du crime, il n'est fait aucune mention d'un morceau de chemise manquant.
70:09
le chroniqueur du San Francisco Chronicle Armisté de Maupin a déclaré qu'à son avis, non seulement cette nouvelle lettre était un faux, mais qu'elle était écrite par celui qui est précisément chargé de traquer ce tueur, David Tosky. Maupin, un auteur éminemment respecté, a publiquement déclaré qu'il pensait que Tosky avait écrit ses lettres pour se faire de la publicité.
70:27
Voilà pour les tueurs. Mais alors, qui a écrit les lettres ? Qui a entretenu cette copieuse correspondance avec les journaux, et notamment avec le Chronicle ?
70:37
Au moins trois personnes différentes, dit Oran. Les premières lettres seraient l'œuvre de Al Snook, un officier de la police scientifique du comté de Napa. Al Snook était écoeuré par les pratiques de la brigade des stupéfiants, dont les agents n'hésitent pas à couvrir les exactions de leurs indics. Comme c'est le cas pour les meurtres de Betty Lou Jensen et David Faraday, dont le coupable, le trafiquant David Ott, le fameux Big Red, est la source d'informations du sergent Kenneth O'Diorn.
71:04
« Je vais te lire quelque chose.
71:05
»
71:06
Mais ça ne doit pas sortir de cette pièce. Même les journaux ne sont pas au courant.
71:09
Al Snook aurait rédigé les lettres et les messages codés pour attirer l'attention du public et des journaux sur cette affaire et pour éviter que ce meurtre impuni ne tombe dans l'oubli.
71:18
À l'appui de sa thèse, Thomas Horan présente, à la fin de son livre, une comparaison graphologique entre l'écriture de Hal Snook et les premières lettres du Zodiac. Une démonstration qui s'avère, ma foi, extrêmement convaincante.
71:32
Presque toute écriture correspond à l'original, mais d'une certaine manière, c'est ce qui ne correspond pas qui m'effraie le plus. Comment ça ? Eh bien, sur l'affiche, la seule lettre qui ne correspond pas, et de manière formelle, c'est la lettre K.
71:45
Snook aurait été l'auteur des premières lettres seulement. Par la suite, la correspondance aurait été prise en charge par deux journalistes du San Francisco Chronicle afin d'entretenir le souffle et l'odeur de soufre autour de cette affaire. L'un d'eux est le journaliste enquêteur Keith Power. L'autre est le préposé aux photographies et caricaturiste Robert Smith, un homme qui a plus tard changé son nom de famille pour devenir Robert Gray Smith.
72:17
La sortie du livre de Thomas Henry Oran a été saluée par de nombreux commentateurs pour la finesse de ses analyses et pour la pertinence de son point de vue. Mais de façon surprenante, ou pas, ces théories ne sont pas très populaires parmi les zodiacophiles, parmi ceux qui se passionnent pour cette affaire depuis, parfois, plusieurs décennies.
72:35
On s'est fait baiser, messieurs, baiser. Je me fous de ce qu'il a dit. Ça peut quand même être Z. Le problème, c'est que l'État tout entier pense que c'est lui.
72:42
L'histoire du Zodiac continue de s'écrire encore aujourd'hui. Depuis la mort d'Arthur Lee Allen et la publication de son nom dans la presse en 1991, d'autres rebondissements stupéfiants ont donné à cette affaire une saveur toute particulière de feuilletons télévisés.
73:00
L'un des crimes les plus notorieux non-soluels, John Quinones, avec une nouvelle preuve irréputable dans le hunt pour le Zodiac.
73:20
Nous sommes en 2002. L'émission d'information Primetime de la chaîne ABC décide de relancer l'affaire. Dans son édition du 17 octobre 2002, on apprend que les équipes ont mis la main sur trois nouvelles lettres qui auraient été écrites par le tueur en 1978. Elles ont été découvertes par le photographe Merrick Morton dans les archives du département de police de Los Angeles.
73:43
Il est écrit « Je vais me régaler en tuant d'autres habitants de San Francisco ». On retrouve aussi, face caméra, un certain docteur Seidenholt. Il travaille dans le labo de la police de San Francisco. En examinant ses lettres du Zodiac, il fait une découverte surprenante. J'ai trouvé une empreinte ADN partielle d'un homme qui a, à un moment donné, été en contact avec le timbre.
74:07
Je peux vous donner un petit conseil ? Vous cherchez au mauvais endroit.
74:11
L'écriture, les empreintes, voilà ce qui est le plus important.
74:16
Holt décide de comparer cet ADN à celui d'Arthur Lee Allen. Hélas, il n'y a pas de correspondance. La déception est grande chez les autorités. La police de San Francisco décide en 2004 de clore le dossier par manque de nouvelles pistes ou preuves qui auraient pu permettre de découvrir l'identité du tueur.
74:34
Mais du côté des détectives amateurs, l'agitation est toujours aussi grande et ce désintérêt des officiels est vu par certains et certaines comme une opportunité d'attirer l'attention des médias sur des histoires personnelles.
75:00
Tu as vu ça ? Malheureusement, oui. On va se payer tous les cinglés de Californie.
75:05
Je suis le Zodiac.
75:07
Et comment tuez-vous vos victimes ?
75:08
Avec un revolver, non.
75:11
Et je suis autorisé à vous dire qu'il est toujours employé par le gouvernement. Et qui vous a autorisé à me dire ça ? C'est tout ce que je suis autorisé à dire. Il n'y a qu'un petit salopard commanderé pour être capable de couper toutes les mains des victimes. Zodiac n'a jamais coupé les mains des victimes. Vous êtes sûr ? Oui, monsieur.
75:27
Trévissez-moi, on a bossé ici côte à côte pendant dix ans. Il se bousille le pied dans un accident et les tueries commencent. Coïncidence ? Je ne sais pas. T'es flippe, mon pote. Réfléchis.
75:41
Avez-vous envisagé que le tueur puisse être Paul Evry ?
75:46
En 2009, Déborah Perez, agent immobilière de Corona, affirme que son père, Guy Ward Henriksen, était le Zodiac et qu'elle a en sa possession les lunettes de Paul Lee Stein qui n'ont pas en effet été retrouvées sur la scène de crime. Mais la police de San Francisco déclare quelques mois plus tard que ces lunettes ne correspondent pas à celles du chauffeur de taxi. De plus, au moment des crimes, Déborah Perez et son père vivaient en Californie du Sud, à plus de 6 heures de route des lieux des meurtres.
76:16
Guy Ward Henrikson est décédé d'un cancer en 1983. Je reconnais l'individu.
76:30
J'ai recherché le Zodiac Killer et à ma surprise, j'ai trouvé des cartes et des lettres dans l'évidence de la police qui étaient écrit par mon père.
76:46
Gary Stewart, un natif de Bâton Rouge, publie en 2014 un livre intitulé « L'animal le plus dangereux de tous ». Stewart est convaincu que son père biologique est le célèbre tueur du Zodiac des années 60. L'auteur a passé les 17 dernières années de sa vie à faire des recherches sur un certain Earl Van Best Junior qui, selon lui, l'a abandonné dans la cage d'escalier d'un immeuble du centre-ville de Bâton Rouge en 1962 alors qu'il n'avait qu'un Non seulement il m'a abandonné, mais il était aussi maltrétant.
77:23
Il m'enfermait dans le placard à chaussures parce qu'il en avait marre d'entendre ça pleurer.
77:28
Gary a finalement été adopté. Il ne savait pas grand-chose sur son père biologique. Puis un jour, il a eu une révélation en regardant la télé.
77:34
J'ai vu un croquis du tueur du Zodiac et il ressemblait très pour très à la seule photo que j'avais de mon père, une photo d'identité.
77:41
L'homme sur la photo, c'est Earl Van Best Jr. Il avait été arrêté pour détournement de mineurs sur la mère biologique de Gary. Gary commence à enquêter sur la vie de Earl et il est maintenant convaincu que son père était le tueur du Zodiac.
77:53
Van Best, accusé de fraude, de viol et de pédophilie, entre autres crimes, est décédé en 1984 au Mexique. Il est vrai que la ressemblance avec le portrait robot du tueur du Zodiac est plutôt troublante. Le livre de Gary Stewart est un succès commercial, mais les accusations qu'il renferme sont pour le coup plutôt maigres. La propre mère de l'auteur intervient publiquement dans les médias pour affirmer que, selon elle, la plupart des preuves présentées dans la prose de son rejeton relèvent de la pure fiction.
78:24
Ne croyez pas que si vous n'avez plus de nouvelles de moi depuis quelque temps, c'est que je me suis endormi. Non.
78:30
Je suis toujours là, comme un esprit qui rôde la nuit.
78:34
Le policier Steve Odell, auteur d'un best-seller sur le meurtre du Dahlia Noir, affirme dans son ouvrage paru en 2009, Most Evil, que son père George Odell, en plus d'être l'assassin de la jeune femme de Los Angeles tuée en janvier 1947, est aussi le Zodiac. Problème, Georges Odel est né en 1907. Il était donc âgé de 62 ans lors du meurtre de Paul Stein, soit 30 ans de plus que le suspect aperçu par les témoins.
79:02
« Alors vous avez laissé tomber mon beau-frère ? L'an dernier, nous avons obtenu que Lee ait droit à voir un psychologue. Il n'est allé que deux fois au rendez-vous. Nous l'avons revu récemment pour la première fois en neuf mois. Ma belle-mère l'a amené pour voir le nouveau bébé. Après son départ, je suis allée voir son psychologue. » Il ne pouvait pas parler d'un ancien patient, alors je lui ai demandé directement s'il croyait l'incapable de tuer des gens.
79:26
À cause de la confidentialité patient-traitant ?
79:28
Il m'a dit oui.
79:29
Vengeance personnelle, élucubration et divagation de personnalités au passé mouvementé, anonyme en mal de reconnaissance médiatique, la piste du papa serial killer n'a jamais été considérée comme sérieuse par les autorités.
79:45
C'est le Zodiac qui vous parle, je suis de retour. Dites à Herb Kane que je suis là, j'ai toujours été là. Ce sale poulet Tosky est fort, mais je suis plus malin et meilleur. Il va se fatiguer et me laisser tranquille.
79:56
J'attends qu'on fasse un bon film sur moi qui jouera mon rôle. En 2006, David Orenchak, un concepteur de site web américain, découvre avec intérêt l'histoire du Zodiac. Il se met en tête de déchiffrer les autres cryptogrammes envoyés aux journaux de la baie de San Francisco. Rapidement, il est rejoint par Sam Blake, un mathématicien australien, et Jarl van Hecke, logisticien belge. Attendez, c'était quoi ça ?
80:23
On dirait la clé de décryptage. La quoi ? Vous vous souvenez, je vous ai raconté qu'il envoyait toujours des messages codés au journaux. Regardez bien l'image, il pose le flingue et juste avant qu'il essuie le couteau plein de sang, on voit !
80:37
Ce papier avec des symboles dessus.
80:39
Après des années de recherche et avec l'aide de l'informatique, le trio de chercheurs annonce à la presse en décembre 2020 avoir réussi à déchiffrer le cryptogramme Z340 contenant 340 caractères et envoyé il y a une cinquantaine d'années par le mystérieux tueur du Zodiac.
80:58
Voici ce qu'il dit.
81:01
J'espère que vous vous amusez bien à essayer de m'attraper. Je n'ai pas peur de la chambre à gaz, car elle va m'envoyer au paradis très bientôt, parce que j'ai maintenant assez d'esclaves pour travailler pour moi, alors que les autres n'ont rien quand ils arrivent au paradis. C'est pour cela qu'ils ont peur de la mort. Je n'ai pas peur, car je sais que ma nouvelle vie sera facile au paradis. La vie, c'est la mort.
81:27
Selon David, le système de codage utilisé ici figure dans un manuel de cryptographie de l'armée américaine datant des années 1950, mais en l'exploitant, le rédacteur a commis plusieurs erreurs qu'il a fallu corriger.
81:42
Voilà ce que le Zodiac a fait. Il a écrit son message en diagonale, en décalant à chaque fois d'une case vers le bas et de deux cases vers la droite.
81:53
Samedi matin, nous avions une idée précise de la signification du message. Donc j'ai contacté le FBI et ils m'ont confirmé que c'était la solution en quelques minutes.
82:03
Dans une vidéo postée sur YouTube présentant la méthodologie pour casser le code et le résultat de ses recherches, David Orenchak déclare « Le message ne dit pas grand-chose. C'est encore des salades pour attirer l'attention, comme d'habitude.
82:17
» « 2500 suspects et le seul qui m'a écrit une lettre, c'est Lee Allen. Il a été arrêté en janvier 75 pour agression sexuelle. Il me l'a envoyé quand il est ressorti. Cher Dave, si je peux vous aider, faites-le-moi savoir. Je suis désolé de ne pas avoir été votre homme. Et c'est écrit à la machine. » Se servir d'une machine, ce n'est pas un crime. Il connaissait Darlene. C'est dans les dossiers de Valero. Malenac s'est dit que c'était son suspect préféré, que tu avais passé deux ans sur lui et que c'est sur lui qu'il pesait le plus de doutes.
82:51
Une fois de plus, l'identité du tueur n'a pu être révélée. A la suite de cette découverte, le bureau du FBI publie un message sur Twitter le 11 décembre 2020 confirmant qu'il poursuit l'enquête. Tout comme la police de San Francisco, qui après la sortie du film Zodiac de David Fincher en 2007, a décidé de rouvrir le dossier.
83:12
Le Zodiac a fui la côte ouest laissant de nombreux crimes non résolus derrière lui partout dans la région.
83:19
J'ai communiqué aux autorités de nouveaux indices qui m'ont été fournis par une source anonyme Ces indices pourraient bien mener sur la piste du tueur en fuite
83:27
Il est temps pour Anne et moi de partager avec vous nos impressions, nos ressentis, nos questionnements et nos doutes sur l'affaire du tueur du Zodiac. Et si je crois qu'il y a bien un point sur lequel on va se rejoindre, c'est la violence inouïe des crimes commis. Je me revois pendant les fêtes de fin d'année, un soir lire l'attaque de Cecilia Shepard et Brian Hartnell au lac Berriessa, avec cet homme masqué qui s'avance vers eux dans un endroit désert, avec un couteau de chasse et un pistolet. C'est véritablement un film d'horreur et ça m'a bouleversé. La chose qui m'a aussi beaucoup marqué c'est l'incroyable complexité de cette affaire, c'est d'ailleurs pour moi pas une affaire mais une énigme, un labyrinthe dans lequel on peut se perdre à tout moment, avec ses pièges, ses impasses, ses faux espoirs, on pense avoir tout à coup trouvé la sortie et puis en fait c'est juste une illusion.
84:11
L'affaire du Zodiac, c'est aussi une tension permanente. Elle joue avec nos peurs, nos doutes, nos fausses certitudes. C'est vraiment éprouvant. Il y a ces témoignages contradictoires, ces rapports pas toujours fiables, ces révélations à géométrie variable. Je pense par exemple aux déclarations de Pam, la sœur de Darlene Ferrin, à Mike Majo ou encore au récit fait par Kathleen Jones de son enlèvement et qui suscite de nombreuses interrogations. Pourquoi par exemple, dans le cas de son histoire, la roue a été remplacée sur le véhicule avant d'être totalement brûlée ? Est-ce que finalement la voiture a été ou pas déplacée ?
84:42
Pourquoi Kathleen est arrivée seule au poste de police et non pas avec la femme qui l'a prise en stop ? Pourquoi aussi les seules vignes de la région dans lesquelles elle a trouvé refuge se trouvent en fait à côté de son véhicule et non pas à des dizaines de kilomètres de là puisqu'elle a affirmé dans le rapport qu'elle avait roulé pendant plus d'une heure en compagnie de son kidnappeur ?
85:01
tout au long de mon enquête j'avais l'impression que le tueur était là dans l'ombre tapis juste à côté de moi qu'il suffisait de pas grand chose pour qu'il se révèle au grand jour et au moment où je pensais que ça allait arriver j'ai commencé à douter à cause de toutes ces zones d'ombre de toutes ces choses qui ne collent pas qui ne rendent pas le récit totalement cohérent aujourd'hui je n'ai aucun nom précis auquel je peux me raccrocher avec certitude et je ne pense pas que ce soit Arthur Lee Allen même s'il fait un coupable idéal pour des raisons déjà expliquées Je reste par contre persuadé que le tueur du Zodiac est une personne très intelligente, avec peut-être des personnalités multiples, ce qui lui permettrait de passer incognito au détecteur de mensonges ou au test d'écriture.
85:40
Ou alors, et ça c'est une piste tout à fait plausible, il n'y a pas un tueur, mais plusieurs tueurs, qui travaillent en bande organisée, ou alors sous la forme de copycat, avec un premier tueur qui passe à l'action et en le faisant réveille chez d'autres désaxés l'envie de l'imiter. Il faut savoir qu'il y a eu un autre tueur, par exemple du Zodiac à New York au début des années 90. Il s'appelle Heriberto Seda et il a commencé à tuer après avoir regardé un documentaire de la chaîne PBS sur le tueur du Zodiac des années 60. Il a été condamné à 152 ans de prison en 1998.
86:14
Il y a aussi un tueur du Zodiac japonais à la fin des années 90 avec l'affaire du serial killer Seito Sakakibara qui envoyait lui aussi des lettres aux journaux locaux après avoir assassiné des enfants. Voici ce qu'il a écrit. « C'est le commencement du jeu. Essayez donc de m'arrêter si vous le pouvez, messieurs les policiers. Je tiens désespérément à voir des personnes mourir. C'est un plaisir pour moi de commettre des meurtres. »
86:38
Les meurtriers, c'est comme les virus. Il y a toujours de nouveaux germes, des mutations.
86:43
Si j'aborde ce thème des copycats, c'est parce qu'il y a quelque chose qu'on a du mal à concevoir plus de 50 ans après les faits. C'est qu'à l'époque, cette histoire vire à la panique collective. Des personnes se rendent dans des commissariats de police pour dire « je suis le tueur du Zodiac ». Tout à coup, des gens pensent que c'est leur ami, leur voisin, leur frère. Il y a des dizaines et des dizaines de dénonciations spontanées. On enquête même dans les églises satanistes de San Francisco. Ça prend avec la presse, la télé et la radio au début des années 70 des proportions folles qui vont considérablement faire ralentir la progression de l'enquête.
87:15
Je vous redonne juste ces chiffres vertigineux. 2500 dossiers de suspects, 3000 lettres de dénonciation, 5000 personnes interrogées. L'inspecteur Dave Toshi le dit lui-même, cette histoire l'a rendu malade, au propre comme au figuré, comme bon nombre d'enquêteurs d'ailleurs, de détectives, de journalistes fascinés, entre attraction et répulsion, par ce personnage insaisissable. Aujourd'hui, je pense que les chances de savoir qui est le tueur du Zodiac sont minces. Il reste juste ce dernier espoir des lettres codées, Sinon, comme pour l'affaire du Dahlia Noir ou de Jack Léventreur, il faudra se résoudre, affirmer que personne ne connaît intégralement la vérité et que cela restera un grand mystère à tout jamais.
87:59
Et toi Anne, comment as-tu vécu cette enquête, je dirais même cette quête, concernant l'affaire du Zodiac ?
88:05
Ça fait plusieurs semaines que je vis quasi littéralement avec le tueur du Zodiac. Moi, ce qui m'a le plus surprise, c'est l'engouement énorme que suscite cette affaire. Elle est extrêmement populaire. Pratiquement tous les gens avec qui j'en ai discuté en avaient déjà entendu parler. Mais surtout, c'est une affaire qui suscite des passions et des vocations d'enquêteurs et d'enquêtristes comme j'en ai rarement vu. Certaines personnes creusent cette affaire depuis plus de 20 ans, c'est le cas de ceux qui ont récemment décrypté le dernier cryptogramme, voire même depuis pratiquement l'époque des meurtres, ça se voit dans le nombre incalculable de sites internet, notamment consacrés par des spécialistes de l'affaire.
88:39
Et c'est vraiment bizarre qu'avec tous ces gens qui le cherchent, on n'ait finalement jamais réussi à mettre la main sur le tueur, je me dis que c'est peut-être parce qu'on cherche au mauvais endroit.
88:48
Personnellement, j'ai été vraiment convaincue par la démonstration de Thomas Henry Oran. Je ne sais pas si toutes les réponses qu'il propose sont les bonnes, mais je pense qu'il a raison au moins sur un point. Les meurtres qu'on attribue au Zodiac ont été commis par des individus différents. Il n'y a absolument rien qui colle. Les lieux sont différents, les victimes n'ont aucun lien entre elles, les armes du crime et les modes opératoires changent à chaque fois. Même les descriptions que les témoins font du tueur ne sont pas les mêmes. Je suis même parvenue à la conclusion inverse.
89:16
C'est absurde de croire que toutes ces affaires sont l'œuvre d'un seul et même tueur. Le seul lien qui existe entre ces crimes, ce sont les lettres. Là encore, il y a vraiment un gros doute sur le fait qu'elles aient été toutes écrites par la même personne. On en trouve des reproductions sur Internet et on le voit, il y a des différences dans l'écriture qui sont vraiment flagrantes, ne serait-ce que pour la lettre adressée à l'avocat Melvin Belay. Petite parenthèse, dans son livre, Oran dresse un portrait bien différent de Sherwin Morrill, l'expert en documents, que celui qu'on voit dans les films ou dans le livre de Robert Gray Smith.
89:46
D'après Oran, Morrill serait en fait un bon à rien que son père a pistonné, son job serait juste une planque, il serait incompétent et il n'aurait d'expert que le nom. Et c'est bien malheureux qu'il ait été amené à jouer un si grand rôle dans l'une des plus importantes affaires criminelles du XXe siècle. Autre fait étonnant qui ressort du récit de Oran, c'est l'amateurisme des forces de police dans les années 70. On apprend par exemple que les représentants de la presse étaient comme chez eux dans les commissariats. Il était fréquent qu'ils interfèrent dans les enquêtes. Pire, on leur confiait souvent la rédaction des rapports de police à la place des nombreux officiers qui avaient le plus grand mal à maîtriser l'usage d'une machine à écrire.
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Sans les lettres adressées à la presse, on a finalement des affaires de meurtre assez banales qui seraient tombées rapidement dans l'oubli. Ce sont les lettres et le récit que les journaux californiens font de cette affaire qui vont forger auprès du public le mythe d'un tueur psychopathe assoiffé de sang. Là-dessus intervient en 1986 la publication du livre de Grace Smith qui devient la version officielle y compris pour les forces de l'ordre. Plusieurs policiers ont déclaré publiquement qu'ils se servent de ce livre comme ouvrage de référence, mais le problème, Oran l'a montré, c'est que ce bouquin est truffé d'erreurs.
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Et Oran n'est d'ailleurs pas le seul à l'avoir remarqué, David Fincher aussi. Par exemple, en ce qui concerne la description physique du tueur, Dans son livre, Robert Grace Smith donne une description unique du Zodiac, grand, trapu, âgé de 35 à 45 ans, avec des lunettes à monture épaisse. En 2007, quand David Fincher sort son film consacré à l'affaire, et bien que le scénario soit directement tiré du livre de Grace Smith, le réalisateur engage quatre comédiens différents pour interpréter le Zodiac, afin de coller au plus près des descriptions faites par les différents témoins.
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Si la thèse du tueur monstrueux et unique s'est imposée dans les récits et dans les esprits, c'est parce qu'elle nous rassure. D'une part, ça confirme que nous, nous sommes des personnes terriblement ordinaires et ça nous aide à nous sentir bien. Et d'autre part, ça veut dire que ce sont des individus, alors dangereux mais rares sur le plan social, qui sont responsables des choses atroces qui arrivent et pas la société dans son ensemble.
91:48
Considérons que Oran ait raison. Les meurtres ont été commis à chaque fois par des personnes différentes. Ça explique en grande partie pourquoi aucun suspect n'a pu être incriminé pour l'ensemble des affaires, sur la base des preuves physiques, comme les empreintes digitales ou l'ADN trouvés sur les enveloppes. Avec le temps, malheureusement, ça va devenir de plus en plus difficile de faire toute la lumière sur l'affaire. La plupart des témoins ou des enquêteurs sont soit très âgés, soit morts. Les détectives Bill Armstrong et Dave Toshi ont entre 80 et 90 ans. Ken Narlow, le détective du bureau du shérif du comté de Napa, est mort en 2010.
92:21
David Slate, l'officier qui a répondu à l'appel du Zodiac après l'attaque du lac Berryessa, lui, il est décédé en 2013.
92:28
Nancy Slover, l'opératrice qui a répondu au téléphone après l'attaque de Blue Rock Springs, elle est morte en 2012.
92:35
Brian Hartnell est donc la dernière personne en vie à avoir entendu la voix du tueur.
92:41
Les empreintes, l'écriture... Pas ton avis de flic. Mais je suis flic.
92:46
Je ne peux rien prouver. Que tu ne puisses pas le prouver, ça ne veut pas dire que c'est faux. Doucement, inspecteur Harry.
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Fini ton bouquin. Si vous souhaitez vous aussi vous lancer la poursuite du tueur du Zodiac, si vous voulez tenter de décrypter un message codé, de mettre en lumière un indice oublié, d'élaborer de nouvelles théories, ou bien tout simplement en savoir plus sur sa personnalité et les nombreuses personnes qui ont enquêté sur le meurtrier, voici quelques références qui pourraient vous intéresser. On commence par le best-seller de Robert Gray Smith. Les crimes du Zodiac, l'affaire du tueur de San Francisco, sorti en 1986. Cet ouvrage de 300 pages, qui va du vendredi 20 décembre 1968 au dimanche 22 juillet 1984, retrace le parcours sanglant du serial killer.
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les différents rebondissements de l'affaire et s'intéressent déjà avec assiduité à un potentiel suspect qui s'appelle dans le livre Robert All-Star. Un pseudonyme derrière lequel se cache un certain Arthur Lialen, dont le véritable nom sera dévoilé dans un second ouvrage de l'écrivain américain, Zodiac, paru en 2007 aux éditions du Rocher. Ce livre reprend l'enquête à partir du dimanche 4 juillet 1971 pour s'achever quelques 500 pages plus tard à la date du 30 décembre 2000.
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Dans les pages centrales, sur papier glacé, de nombreuses reproductions de photographies d'époque, des lettres attribuées au Zodiac et des messages codés. Il a piqué son logo sereinement.
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Comment un type qui a tué 13 personnes ? On prétend qu'il a tué 13 personnes, mais combien on peut vraiment confirmer ? Il y en a 3, Valero, 1, Beressa, le taxi, c'est tout ?
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Lors de la parution de ce livre dans les librairies francophones, David Fincher propose son adaptation sur grand écran avec la sortie de son film « Zodiac » qui est en 2007 en compétition au Festival de Cannes. Le film reprend largement les éléments du livre et les personnages réels que sont les journalistes Paul Avry et les inspecteurs de police Dave Toshi et Bill Armstrong. Robert Gray Smith, personnage principal du film, est joué par Jack Gyllenhaal. Dans une scène du long métrage, on peut apercevoir Gray Smith et Toshi qui regardent au cinéma le film L'inspecteur Harry.
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Ce film de 1971 avec Clint Eastwood s'inspire directement de l'énigme du tueur du Zodiac.
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Dans l'ombre du film de David Fincher, il y a Le Zodiac, réalisé en 2005 par Alexander Bulkeley, avec Justin Chambers dans le rôle principal. Il est, pendant 97 minutes, Matt Parrish, un officier de police et père de famille qui est chargé d'enquêter sur les crimes du tueur du Zodiac. Ce film, sorti directement en DVD en 2006 et 2007, débute par l'assassinat le 20 décembre 1968 de Betty Lou Jensen et de David Faraday. et se termine le 24 avril 1978 avec ces quelques mots reçus au San Francisco Chronicle.
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« J'attends qu'on fasse un film sur moi. Qui va jouer mon rôle ? Maintenant, je maîtrise complètement la situation.
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» Ses voeux ont été exaucés, même au-delà de ce que le tueur espérait.
95:59
A lire en anglais « The Case of the Zodiac Killer » de Michael Morford et Michael Ferguson, publié en 2018 chez Wild Blue Press. Le livre est en fait la transcription écrite du podcast en 12 épisodes que les auteurs ont consacré à l'affaire. C'est une présentation extrêmement complète, facile d'accès et on trouve en bonus des reproductions de plusieurs documents intéressants à la fin du livre, notamment certaines des lettres du Zodiac et quelques rapports de police. En anglais également, et absolument indispensable selon moi, « The Myth of the Zodiac Killer », le livre de Thomas Henry Oran, auto-édité en 2014.
96:34
Son analyse se décline en trois parties distinctes. Dans la première, il détaille, chapitre par chapitre, et même page par page, toutes les erreurs factuelles relevées dans le récit de Robert Gray Smith.
96:45
La deuxième partie est consacrée à ce qu'il appelle la création du méta-récit autour de l'affaire du Zodiac. Il analyse le contexte social des années 60, 70 et 80 et il montre comment le récit du tueur unique répondait, en quelque sorte, aux attentes du public de cette époque-là. Enfin, dans la troisième et dernière partie, Oran livre sa vision sur le déroulement des faits.
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On termine par quelques liens vers des sites en anglais. ZodiacCiphers.com, très bien documenté. ZodiacKillerFacts.com, qui se veut basé sur des faits et non pas sur les mythes et mensonges liés au mystère du Zodiac. Un site qui d'ailleurs épingle celui de Tom Voigt. Lancé en 1998, ZodiacKiller.com, car l'américain de 53 ans, a réintroduit Richard Gajkowski en tant que suspect possible, alors que cette piste ne parvient pas à convaincre les enquêteurs.
97:38
Reste qu'au-delà des polémiques, la notoriété de Tom Voigt est montée en flèche en 2007, lorsqu'il devient consultant sur le film de David Finchoff.
97:46
Je vous ai appelé parce qu'on fait des recoupements entre les cycles lunaires et les activités de Zodiac. On s'aperçoit que presque chaque cycle depuis 69 correspond à une attaque, ou à l'une des lettres, ou à un meurtre non illucidé.
97:58
Nuit blanche, couleur 3.
98:12
C'est le moment maintenant de quitter la fin des années 60 et la Californie et de vous laisser à vos propres réflexions concernant l'affaire du Zodiac. À la réalisation de cet épisode, un pro du thème astral, Franck Pourprit, et au micro, deux amenés sous une bonne étoile, Anne Flamand et Michael Marquet. Nuit Blanche est disponible sur votre application de podcast préférée, Deezer, Spotify et sur Apple Podcasts. Vous pouvez aussi nous écouter sur Soundcloud et sur rts.ch rubrique radio podcast originaux. A bientôt pour une nouvelle nuit blanche.
98:43
Une nuit blanche à écouter de préférence avec la lumière allumée parce qu'on ne sait jamais.
99:05
Nuit blanche.